note d'intention

Eurydice, jeune adolescente, gît inconsciente sur la chaussée. La voiture qui l’a renversée disparaît au coin de la rue. Il pleut. Dans le reflet de la flaque qui baigne son visage, l’envers de la ville n’est pas le même que son endroit. Est-ce une vue de l’esprit ? Une perte de mémoire ? Le début de la fin ?

 

Camera Obscura est un paysage mental qui livre l’imaginaire comme une fièvre généra­trice d’images de guérison. Si cette aventure naît du traumatisme de son héroïne, elle prend des détours familiers en convoquant l’histoire d’Eurydice aux enfers. On y retrouve également Homère vedette d’un « talkshow » quotidien, Charon en passeur d’âmes et tuteur d’Eurydice, ainsi qu’une ville tortueuse à la population carnavalesque sous l’emprise d’un prince des ténèbres omnipotent.

 

Cette histoire parle de l’adolescence, de ses peurs, d’un monde en voie de complexification que seul l’imaginaire parvient à mettre en forme afin de s’en défendre et de s’y faire une place. Camera Obscura, c’est le postulat que nos futures guérisons sont de l’étoffe dont nos imaginaires sont faits.

 

Lorsque Guillaume Antonicelli m’a contacté pour me proposer de travailler avec lui et Anthony Calla, il nous vint la commune envie de créer un récit qui puisse se manifester tant par le dessin que par la musique, le son et la lecture, de sorte que ces manifestations du spectacle ne puissent toutes être anticipées par le spectateur. Dès lors, la figure de l’adolescence s’est imposée à nous comme le cœur de ces métamorphoses.

 

Christophe Fournier